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Tout
commença à Coteau-du-Lac…
Situés entre les lacs Saint-François
et Saint-Louis, les « rapides du Coteau
» se révèle l'endroit le
plus étroit et le plus tumultueux de
tout le fleuve. Entre les bassins des deux lacs,
les eaux franchissent, avec impétuosité,
3 seuils qui créent, au total, une dénivellation
de 25,6 m sur un parcours de moins de 13 km
entre la région des Grands Lacs et la
vallée du Saint-Laurent.

Crédits : Lieu historique du
Canada de Coteau-du-Lac Il
y a près de 7000 ans, ce sont les Amérindiens
qui seront les premiers confrontés aux
violents rapides les obligeant à portager.
Au XVIIe siècle, les Français
établis sur les rives du Saint-Laurent
adoptent le canot et pratiquent aussi le portage
à la remontée des rapides. Au
tournant du XVIIe siècle, ce type d'embarcation
est abandonné au profit du « batteau
» : barge à fond plat à
grande capacité de chargement. Ces «
batteaux » pouvant difficilement être
portagés, les Français construisent,
durant la seconde moitié du XVIIIe siècle,
un canal rigolet, couloir navigable
peu profond, qui offre l'avantage de protéger
les embarcations de la violence du courant des
rapides.
Pour de multiples raisons notamment
liées à la guerre d'Indépendance
américaine (1775-1783) les britanniques
représentés par le gouverneur
Haldimand fait creuser un canal à la
hauteur de Coteau-du-Lac. Le capitaine William
Twiss, ingénieur de haut niveau renommé
tant au Canada qu'en Grande-Bretagne, et commandant
des ingénieurs royaux de l'armée
britannique, est le véritable initiateur
du canal de Coteau-du-Lac. Il propose la construction
d'un canal fortifié afin d'accélérer
l'expédition des approvisionnements militaires
vers l'ouest.
La construction du canal
de Coteau-du-Lac, débute en
1779 et s’achève en 1781. D'une
longueur de plus de 100 m et d'une largeur de
2,5 m, le canal de Coteau-du-Lac comprend 3
écluses. Il constitue le premier ouvrage
du genre en Amérique du Nord. Avec un
tirant d'eau étant d’à peu
près 80 cm, le canal de Coteau-du-Lac
sera vite dépassé et ne répondra
pas aux besoins techniques d’embarcations
de plus en plus imposantes.

Iconographie numérique de Donald
Tremblay
Fonds : Roger Quenneville
Photo de droite : Phil Norton Entrepris
en 1842, le canal de Beauharnois
fut ouvert à la navigation en 1845. Afin
d’ouvrir la navigation jusqu’aux
Grands Lacs, les gouvernements en place décident
de faire creuser un canal entre les lacs Saint-Louis
et Saint-François. Et ainsi la vie s’établie
tout aux abords. La construction du canal
de Beauharnois a été
à l’origine d’un imposant
courant d’immigration qui donna naissance
à la ville de Salaberry-de-Valleyfield.
Le canal de Beauharnois
avait neuf pieds de profondeur et onze milles
et un quart de longueur et comptait neuf écluses.
Construit à mains d’hommes, il
a coûté un million six cent onze
mille quatre cent vingt-quatre dollars et onze
cents. C’était un travail de géant
pour l’époque. Appelé aujourd’hui
le Vieux canal de Beauharnois,
cette voie fut remblayée dans les années
60 pour être rouvert en partie à
la navigation en 2006.

Crédit photo : Régie
du Canal Soulanges
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En
1899, le canal de Beauharnois
se voit délogé par le canal
Soulanges sur la rive nord du
fleuve. Toutefois, ce nouveau canal de
quinze pieds de profondeur devient rapidement
désuet car il n’est pas assez
profond. |
Il fut remplacé dès
1930 par le nouveau canal de Beauharnois.
Cette construction a nécessité
des travaux titanesques qui furent comparés
à ceux effectués pour le canal
de Panama. Situé en partie dans les limites
de la ville, ce nouveau canal de vingt-huit
pieds de profondeur fait partie de la voie maritime
du Saint-Laurent et voit sillonner sur ses eaux
des milliers de bateaux océaniques.
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